C'est l'un des premiers articles que j'ai lu à son sujet, en Mars 2005, il vient de
L'Equipe Magazine et parle de son caractère et se vie à côté de la F1...
i VIVA ALONSO !
A Oviedo, le dimanche n'a pas toujours été jour de Grand Prix. Il arrivait souvent que Fernando, gamin, restât collé devant la TV, émerveillé par les tours de prestidigitation diffusés aux heures de grande écoute. « Quand on m'a offert la panoplie de magicien, je ne me souviens pas avoir été plus heureux » Il sourit. « Si, peut-être en 2003, reprend-il, quand j'ai remporté mon 1er GP... Ce jour là, j'ai eu l'impression d'avoir bouclé la boucle. J'ai pensé à tous ceux qui m'avaient aidé depuis le début... » Comme par magie, il s'est mis, depuis, à amuser les membres de Renault avec ses tours de cartes. « J'adore ça. Ca me détend. J'ai un copain prestidigitateur qui fait apparaître et disparaître des gens. Ca m'a toujours fasciné. » On lui connaît également une passion pour la photo où, là aussi, il s'agit de manipuler l'appareil afin de capter les ambiances qu'il aime tant, tirées par ses soins en noir et blanc. Quand on lui demande ce qu'il fixerait sur un paddock, il n'hésite pas une seconde. « La F1, c'est mon job. Ca ne m'inspire rien de particulier. Que voulez-vous que je vous dise ? Je suis un gars normal qui aime faire des choses ordinaires. On me pose toujours la même question, mais non, je n'ai jamais pensé à devenir pilote avant d'avoir atteint mes 18 ans. Ca ne m'a pas effleuré. La F1 était inaccessible pour moi, parce que ça demande de l'argent, des sponsors, et moi je n'étais rien, je n'avais rien. » Le foot aurait pu occuper toute sa vie. Dés qu'on parle de ballon, il raconte les parties disputées qu'il prolongeait de force jusqu'à le nuit tant qu'il n'avait pas marqué de but. Il s'était fait un surnom. « Fer, pour tout le monde, j'étais Fer. »
Longtemps, il s 'est enfermé dans le mutisme et les bouderies quand il ne pouvait pas passer l'obstacle, mélange de susceptibilité et d'orgueil au moment de refuser l'échec. La fierté d'être reconnu a toujours été le moteur de ce pilote. A se débuts, l'excès de médiatisation lui a fait tourner la tête. Il y avait de quoi. A 22 ans, pour sa 1ere victoire, il recevait un appel du roi d'Espagne directement sur son portable ! Exilé aujourd'hui à Oxford, au nord de Londres, Fernando reste un enfant d'Oviedo, fils de ces terres vertes d'Asturies. « Au début j'étais jeune et j'ai eu du mal à encaisser la gloire. Je me suis un peu laissé emporté par la vague. Mais avec le recul, j'ai su faire la part des choses. »
Une mère femme de ménage, un père ouvrier, pas beaucoup d'argent à la maison et des valeurs morales répandues avec autorité. Luis, le père, bricolait des moteurs dans le garage. Lancé dés l'age de 3 ans sur un kart artisanal avec un moteur de mobylette, le fils trouve sa voie. « Je me battais toujours contre des plus grands et plus riches que moi qui avait de bons karts. » glisse-t-il. De cette époque, il va apprendre à tirer le maximum de son matériel. « Son pilotage est particulier, reconnaît Pat Symonds, il est éblouissant d'adresse. » « Fernando est passionné. Il faut voir le rythme qu'il impose en course. »
Enfant, il pleurait chaque fois qu'il ne terminait pas sur le podium, une coupe à la main. Ado, en F3000, il s'enfermait dans un mutisme renfrogné jusqu'à ce que ses ingénieurs suivent ses propositions de réglages et, satisfait, s'en allait gagner la course. « J'aurais dû les prévenir, sourit papa Luis. Quand mon fils courait en kart, j'avais beau lui parler calmement d'une stratégie de course lui montrer les trajectoires, il ne disait rien, faisait mine d'acquiescer et filait en piste pour n'en faire qu'a sa tête. Enfant, il était calme, il ne parlait pas beaucoup mais son regard disait tout. Tête dure et mental fort. » A 14 ans, gloire locale, Fernando a sa photo dans les journaux. Il manque parfois l'école pour aller courir. L'insouciance dure jusqu'à ce que les finances familiales ne puissent plus suivre. Là, Adrian Campos va prendre le relais. « Il roulait sur une autre planète tant il dominait sa catégorie. » Champion d'Espagne puis champion du monde. « Il aurait pu rester en kart, mais il a continué à franchir les paliers. Nissan en 1999 puis F3000 en 2000. Flavio Briatore a immédiatement cru en lui et lui a offert la possibilité de courir en F1. En 2000 chez Minardi, puis en 2002 comme pilote d'essai chez Renault. »
Pour saisir sa personnalité, il faut l'avoir vu, en cette saison 2002, traverser les paddocks tête baissée,
tel un petit taureau furieux, ruminant sa frustration. Il était persuadé de valoir les 2 titulaires, Button et Trulli. Il se mordait les lèvres pour ne pas hurler sa rage, vivant mal cette année de tests qui le privait de courses, persuadé, comme tout son entourage d'ailleurs, qu'une saison essayeur était une mesure humiliante et inutile. Elle lui aura, pourtant, permit de toucher du doigt l'écart qui sépare un bon pilote
d'un grand.
Alonso a prit des épaules, gagné en puissance physique et en résistance. On le voit arpenter l'allée des stands et celles des paddocks, sourire carnassier aux lèvres, démarche assurée, légèrement voûté comme pour mieux fendre l'air. Son pilotage a gagné en finesse, sa vie en sérénité. Idole d'un pays qui se découvre une passion pour la F1, il domine cette saison au-delà de toute espérance. Le petit taureau d'Oviedo enflamme les imaginations. Depuis 2003, plus jeune pilote de F1 à avoir décroché une pôle position à Sepang, premier podium à Sépang lors de la même course, plus jeune vainqueur de GP à Budapest (Hongrie). Jamais un espagnol ne s'est installé ainsi en tête d'un Championnat du monde de F1. Et ce n'est, croit-on, qu'un début...
Voila voila... Depuis bien sur, on peut ajouter: plus jeune Champion du Monde à 24ans 1mois 27jours,
plus jeune double Champion du Monde à 25ans 2mois 23jours... What else?
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